Toute personne a le droit à sa dignité, de sa conception jusqu’à la mort. Pour le chrétien, la mort n’est pas la fin… Nous avons l’espérance de la vie éternelle, annoncée par Jésus. La conception, la naissance, la vie, la maladie, l’onction des malades, le Viatique, la mort et le deuil… et nous en avons l’espérance, la vie éternelle! Voila une succession de passages que nous avons à vivre comme humain, mais aussi comme baptisé. Par notre baptême, nous entrons dans la vie de Dieu, nous sommes fils et filles bien-aimés du Père. Le jour de nos funérailles, après une vie remplie d’amour, parfois de souffrances, la communauté nous porte vers la maison du Père. Il est vrai certains jours, nous n’avons pas fait la volonté du Seigneur. Il nous faudra alors la prière de nos frères et soeurs en Jésus-Christ. La célébration d’eucharistie nous aidera aussi à vivre ce passage de la mort à la vie éternelle. On ne s’habitue jamais à la mort d’un être cher, il est vrai. Mais, comme croyant, la foi nous donne cette espérance. Un jour, avec la grâce de Dieu et en conséquence de nos libertés (nos choix) humaines, nous serons réunis auprès de Dieu, avec tous les saints et saintes du Ciel. Nous ne pouvons juger de l’autre, ira t-il avec Dieu ou non, mais durant la vie comme au moment de la mort, ainsi que tout au long de son passage, nous devons porter nos prières pour le repos de l’âme de nos fidèles défunts.
Comme prêtre, nous accompagnons les gens sur le chemin de la vie, montrant que le Christ est présent dans nos joies et nos souffrances. Comme le bon Berger, il ne nous abandonne pas. Le Christ est venu donner un sens à nos souffrances, il est venu la remplir de sa présence.
Voici une page de réflexion ministérielle. Souvent, on nous demande “Comment faites-vous, comme prêtre, pour célébrer des funérailles ?”… Il y a d’abord notre foi en la résurrection qui nous aide, mais il y a aussi ce souhait d’accompagner la personne décédée vers le passage d’une vie meilleure en Jésus Christ. Plusieurs auteurs spirituels compare le passage de la mort à celui de la naissance. On le vit dans la solitude, on quitte un milieu pour entrer en autre milieu de vie… La différence, c’est que nous savons que des gens que nous avons connu nous y accueilleront. Nous avons l’espérance que plusieurs gens de nos familles (arrière-grand-parents, grands parents, etc) sont déjà auprès de Dieu. Mais la mort est une étape importante qui demande à ceux qui restent de vivre un deuil… et, parfois, ce deuil doit aussi être vécu par ceux qui quittent!
La semaine dernière, je suis aussi allé donner l’onction des malades et le viatique à une dame âgée… Elle était seule, seule à mourir. Je suis donc demeuré plus de deux heures à son chevet. Malheureusement, j’ai entendu des membres du personnel dirent avec impatience devant cette personne “Elle n’est pas encore partie…?” J’étais surpris d’entendre une telle chose alors que nous savons que le dernier sens à quitter, c’est l’ouïe. Heureusement, j’ai rencontré cette autre infirmière qui a appelé à l’église par respect de cette dame : “Elle méritait bien avoir un prêtre près d’elle avant de mourir, elle était si gentille. Elle croyait en Dieu”. Et elle lui a donné un baiser sur son front tout froid.
Plusieurs croyaient qu’elle ne réagissait plus. Chaque fois que je disais “Marie” ou “Jésus” ou encore nommait certains noms de saints ou saintes, elle réagissait un peu. Ses lèvres, son front… Elle réagissait aux psaumes, à la parole de Dieu… Lorsque je l’ai quitté, je lui ai dit que je prierais pour elle à l’eucharistie; elle a eu une émotion. Elle est décédée quelques heures plus tard (j’avais demandé aux infirmières de me téléphoner lors de son décès pour que je puisse prier pour elle, pour le salut de son âme). L’infirmière était touchée puisque normalement, m’a t-elle dit, “les intervenants pastoraux ne restent que cinq minutes et quittent. Plusieurs personnes âgées vous ont vu passer. Je peux vous dire que ça nous fait du bien de voir un prêtre prendre le temps de prier avec un mourant. Ça nous montre que vous croyez en ce que vous faites.”
Malheureusement, les jours suivants aucune mention d’elle dans les journaux… possiblement que cette femme priante et dévouée n’a pas eu la grâce de funérailles… Qui sait peut-être est-elle dans la fausse commune. Mais le Seigneur ne l’a pas abandonné… Elle a eut le pain du Ciel (Viatique) pour ce passage, nous l’espérons vers l’éternité du Paradis.
Je vous partage cela puisque cela m’a grandement touché…Je vois que nous devons, comme prêtres et comme chrétiens, être plus vigilants dans nos enseignements, nos façons de montrer l’importance de la présence du Christ, là où la souffrance se manifeste.
Parce qu’à première vue, ils n’ont pas beaucoup de choses à offrir à la société, beaucoup se préoccupent peu des enfants (à naître ou en bas âge) ainsi que des personnes âgées… Il nous faut défendre ces gens- comme nous y invitait le défunt pape Jean-Paul II.
Que ce soit une personne âgée, un adulte, un adolescent ou même un enfant…. il nous faut nous rappeler qu’il est important d’accompagner ceux qui vivent les étapes du deuil. Pour certains, ce sera le deuil de leur propre vie qui achève, pour d’autres, celui d’un proche qui les quittera bientôt. Il nous faut assurer, comme personne et comme membre de la communauté, ces gens de nos prières… On y pense à l’occasion. Mais lorsqu’on rencontre des gens qui ont vécu cela, la souffrance, la solitude prend un visage concret.
Il me semble donc important de nous sensibiliser à la grâce du baptême, aux grâces de la messe, à la valeur salvifique des funérailles (par l’eucharistie) et des messes commémoratives. Tout au long de notre vie, nous devons être des disciples d’Emmaus qui accompagnent ceux dans le besoin et qui nous laissons accompagnés par Dieu et son Église. Mais, il nous faut aussi nous rappeler que lorsque le médecin ne peut plus rien, c’est là que notre travail de prière et d’accompagnement prend tout son importance. C’est notre responsabilité!
Prions, chers amis prêtres, lecteurs de ce site et chrétiens pour ces gens décédés dans la solitude et, qui sait, sans funérailles.
À lire :
a- Les étapes du deuil
Les travaux d’Elisabeth Kübler-Ross font retenir cinq étapes d’un deuil. 1- Choc, déni 2- Colère 3-Marchandage 4- Dépression 5- Acceptation. Les 5 phases peuvent être linéaires mais il arrive souvent qu’un endeuillé puisse faire des retours en-arrière avant de recommencer à avancer. Une bonne façon de traverser un deuil est de comprendre ce que l’on vit et de partager ses sentiments et émotions avec des proches ou des gens qui vivent également un deuil. (texte complet et réflexions sur le deuil sur Wikipedia)
b- http://www.liturgiecatholique.fr/-Les-funerailles-catholiques-.html(questions et réponses)
d- Onction des malades (donner aux personnes dont la maladie ou l’âge avancée font que la vie de cette personne est en péril) et viatique (pain du passage, dernière communion eucharistique)
e- Livre suggéré : Jean Montbourquette
Grandir : aimer, perdre et grandir, 1994.